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La méthode PECS et le retard de langage

PECSLa méthode PECS est une méthode de communication basée sur l’échange d’images. Comment fonctionne-t-elle  ? Est-elle pertinente pour un enfant présentant un retard de langage simple ? Et quelle différence avec le Makaton, quelle méthode choisir ?

D’où vient la méthode PECS ?

La méthode PECS (Système de Communication par Échange d’Images) a été développée dans les années 80 pour des enfants autistes. Elle a vocation à faire passer les demandes de l’enfant par l’échange d’images pour l’amener progressivement à une communication de plus en plus construite.

exemple images PECS

Comment fonctionne la méthode PECS ?

La méthode PECS est découpée en 6 phases :
– Phase 1 : au démarrage de la méthode PECS, l’objectif est que l’enfant donne à l’adulte une image pour demander quelque chose. Dans cette phase, on commence bien sûr par les images qui vont le plus motiver l’enfant : ses desserts préférés, son doudou, etc. Il n’y a pas de format d’image préétabli (à la différence des pictos du Makaton), néanmoins on privilégie des dessins plutôt que des photos pour amener l’enfant à généraliser les concepts associés aux images.
– Phase 2 : une fois que l’enfant a compris qu’il pouvait utiliser des images pour faire une demande, on va travailler la demande spontanée. Les images ne seront plus seulement utilisées pour répondre à une question (« que veux-tu manger ? » « A quoi veux-tu jouer ? ») mais également à la seule initiative de l’enfant qui apportera l’image à l’adulte lorsqu’il veut quelque chose. Un classeur ou un tableau sera mis en place pour ordonner les images et les rendre disponibles pour l’enfant.
Phase 3 :  cette phase vise à augmenter la capacité de discrimination d’images de l’enfant. On va augmenter le nombre d’images et faire varier leur emplacement sur le support (classeur ou tableau).
Phase 4 : une fois que l’enfant maîtrise un vocabulaire suffisant (une cinquantaine d’images), on introduit la structure de phrase. Ainsi, dès que l’enfant aura une demande à formuler, on lui fera associer une image de verbe (« je veux ») avec une image de l’objet désiré.
– Phase 5 :  dans cette phase, l’enfant prend peu à peu l’initiative de demandes associant plusieurs images.
– Phase 6 : dans cette dernière phase, on essaie d’utiliser la méthode en mode « conversation ». L’enfant pourra répondre à des questions plus variées et intervenir dans une conversation de manière spontanée.

La méthode PECS est-elle intéressante pour des enfants présentant un simple retard de langage ou de parole ?

L’enfant présentant un retard de langage passe souvent par une phase de frustration qui est difficile pour lui et pour son entourage : vers 2 ou 3 ans (parfois même avant…), il souhaite s’affirmer mais ne parvient pas à formuler des demandes. Il pique des colères lorsque son entourage ne comprend pas ce qu’il veut. Les méthodes permettant de faciliter la formulation de demandes sont très utiles pour apaiser l’enfant.
Par ailleurs, l’un des enjeux pour un enfant qui ne parle pas est de l’intéresser au langage. Là aussi, la méthode PECS, axée sur les demandes de l’enfant, est très pertinente. Si l’on utilise les images des choses qu’il aime particulièrement et qu’il est susceptible de réclamer, et que l’on veille à toujours verbaliser la demande (« tu veux ton doudou c’est ça ? »), on lui montre l’intérêt du langage oral.

Quelle différence entre les méthodes PECS et Makaton ?

Les deux méthodes ont beaucoup de points communs, notamment l’utilisation de visuels et la progressivité dans la complexité des échanges. Deux choses les distinguent cependant :

  • Contrairement au Makaton, la méthode PECS n’utilise pas la langue des signes. De ce fait, elle peut être plus simple à appréhender pour un enfant mais moins pratique car il faut avoir les images en permanence à portée de main…
  • Les images PECS sont choisies librement alors que la méthode Makaton utilise des pictogrammes. Les images PECS peuvent être plus faciles à adopter pour l’enfant et on peut jouer sur l’affectif en choisissant par exemple des images issues de ses livres préférés. A contrario, les pictogrammes Makaton, plus abstraites, obligent l’enfant à conceptualiser les mots, ce qui constitue l’un des prérequis du langage.

Et si la bonne méthode était un mélange PECS / Makaton avec des images lorsque le picto est trop abstrait ou bien pas utilisé très souvent ?

Pour en savoir plus sur la méthode PECS :

http://www.agirpourlautisme.com/pecs

Pour trouver des images  :

http://www.picto.qc.ca/

 

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